Chronique: “Sustainable Web Design” de Tom Greenwood

Tom-Greenwood-Sustainable-Web-Design

Je vous parle souvent du livre de Tom Greenwood sur ce blog car c’est le premier livre par lequel je suis rentrée dans le monde de l’éco-conception web. 

Tom Greenwood et sa femme Vineeta ont fondé l’agence digitale Wholegrain Digital à Londres en 2007. La particularité de l’agence est de créer des sites pour des clients (entreprises, secteur public, organisations de charité) dont la mission est d’impacter le monde positivement, que ce soit d’un point de vue écologique ou humain. Petit à petit, l’agence s’est spécialisée dans la conception de sites web durables, en faisant aujourd’hui l’un des leaders dans le domaine.

Sustainable Web Design est un livre que je trouve très complet et surtout très concret. Un bon mélange entre statistiques et techniques concrètes, aussi bien pour les designers que pour les développeurs. 

Les 6 principes d’un site web éco-conçu

Tom définit un design durable par 6 critères:

1. Propre

Nous ne pouvons pas maîtriser la provenance de toute l’énergie dont notre site a besoin pour fonctionner mais lorsque le choix nous appartient, nous devons faire le bon. Il s’agit ici principalement de choisir un hébergeur vert.

2. Efficace

Réduire au maximum le poids de nos pages web pour ne pas mettre une charge inutile sur les serveurs et les appareils des utilisateurs qui résulterait in fine en une consommation d’électricité plus importante (pour charger plus fréquemment les appareils ou par le besoin de serveurs supplémentaires par exemple).

Voici quelques articles qui peuvent vous intéresser pour aller plus loin:

3. Ouvert

En partageant au maximum nos apprentissages sur la thématique de l’éco-conception et en utilisant les ressources partagées. Plus nous serons nombreux à évoquer le sujet et à souhaiter un web plus propre, plus nous sensibiliserons d’autres personnes à ce sujet, et plus vite nous y arriverons #prophétieautoréalisatrice.

4. Honnête

Un site green n’est en aucun cas du greenwashing. C’est une conviction forte, pas un élément de communication. Si on le fait pour les bonnes raisons, et que nous essayons d’être irréprochable sur l’ensemble de nos activités, alors bien sûr qu’il faut en parler pour inspirer et sensibiliser de nouvelles personnes (cf. point ci-dessus).

5. Régénérateur

Les activités humaines ont déjà fait beaucoup de mal à la planète et nous devons aller plus loin que juste essayer d’avoir un impact carbone neutre. Il faut réparer les dégâts, par exemple en construisant des sites durables certes mais aussi qui incitent leurs utilisateurs à agir pour la préservation de la planète. Je trouve ce point hyper intéressant et y dédierai probablement un article.

6. Résilient

Faire en sorte que les informations clefs soient accessibles, quelle que soit la vitesse de connexion d’un terminal – ou le manque de connexion. C’est particulièrement vrai pour des sites d’utilité publique. Malheureusement, le changement climatique va entraîner de plus en plus de catastrophes naturelles avec des coupures de courant plus ou moins longues. Il faut en avoir conscience et y être préparé si votre site peut aider dans ce type de situation.

Appliquer les bonnes pratiques

Cette partie nous livre de nombreuses clefs pour créer des sites à faible impact carbone. Il y aborde aussi bien des bonnes pratiques en termes de design (typo, images, vidéos, flows…) mais aussi en termes de développement (compression du code, utilisation de ressources partagées, choix du langage de programmation…).

Vendre l’éco-conception à des clients

Tom dédie tout un chapitre à la fin du livre sur comment vendre du web design durable. Il y explique que leur approche durable dans la création de site web (spécialité de leur agence) n’est pas réellement ce que les clients recherchent lorsqu’il font appel à Wholegrain Digital. Certains y sont sensibles mais il a remarqué avec le temps que ce n’est clairement pas un argument de vente qui fait mouche. En tout cas pas encore, espérons que ça change rapidement. 

Les principales problématiques des clients sont variées mais l’écologie figure rarement en haut de la liste. Qu’à cela ne tienne car la bonne nouvelle, c’est que l’éco-conception web a de nombreux avantages en termes de performance. La meilleure performance des sites éco-conçus est une résultante directe de l’éco-conception puisque tout l’objectif est de réduire le poids du site.

While the green angle didn’t seem to resonate with customers, the performance angle did, especially when they were reminded that most users will leave a slow website.

Tom Greenwood

Eh oui. L’humain a perdu patience et bien que la tendance de la “slow life” essaye de percer, il est encore bien difficile pour nous petits humains de se faire à l’idée que ça peut être une bonne chose de ne pas tout avoir là tout de suite en un clic de souris. 

Dans la conférence The Joy of Optimizing Images, l’ingénieure UI Una Kravets donne deux statistiques qui illustrent parfaitement notre impatience.

53% des visites sur des sites mobiles sont abandonnées lorsque le temps de chargement dépasse les 3 secondes.


Un site mobile qui charge en 5 secondes aura des sessions 70% plus longues que sur un site mobile qui mettra une vingtaine de secondes à charger.

Ces statistiques datent de 2017. Pas sûre que la slow-life ait permis de les revoir à la baisse… Mais autant voir le verre à moitié plein, ces chiffres chocs sont d’excellents arguments de vente et si l’angle de l‘éco-conception ne parle pas à vos clients ou à votre boss, il y a toute une liste de bonnes raisons de concevoir des sites web durables dans laquelle on peut piocher !

Si vous connaissez d’autres livres sur la thématique de l’éco-conception web, dites-le moi en commentaires 🙂 Je serai ravie de les lire et de vous en parler ici.

Vous pouvez contribuer à créer un web plus respectueux de la planète en partageant cet article pour éveiller les consciences :)
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