Chronique « The Sustainable Ecommerce Handbook »

C’est un fait, les acheteurs recherchent de plus en plus des marques proposant des produits éthiques et durables. C’est même devenu pour certain.e.s un critère déterminant dans leur processus d’achat (50% des acheteurs en ligne ont déclaré boycotter les marques allant à l’encontre de leurs valeurs personnelles).


En parallèle, la pandémie du COVID-19 a rendu la présence en ligne quasi indispensable pour qu’un commerce survive. D’après eMarketer, le secteur de l’e-commerce aurait bondi de 34.7% entre 2019 et 2020 au UK (la tendance est très probablement la même partout). Oui mais voilà…

L’ e-commerce est directement impliqué dans deux des sources d’émissions de gaz à effet de serre les plus importantes de la planète : Internet et les transports.

The Sustainable Ecommerce Handbook est un guide dans lequel six pointures du green web nous livrent leurs conseils pour identifier les solutions que nous – concepteurs de sites e-commerce – pouvons mettre en place pour minimiser l’impact carbone généré par le secteur de l’achat en ligne. On y parle d’éco-conception digitale mais aussi de favoriser des comportements d’achats vertueux grâce à une communication transparente.

Comment devenir une marque plus responsable ?

A une époque pas si lointaine, utiliser des emballages recyclés ou recyclables suffisait à faire bonne impression et à obtenir l’affection des acheteurs. Mais heureusement, ce n’est désormais plus suffisant. Une marque ne peut plus se définir comme écolo si elle n’essaie pas d’appliquer ses convictions écologiques à tous les maillons de la chaîne. Voici quelques exemples de questions à se poser pour essayer d’englober toute la chaîne de valeur.

Le sourcing:
Est-ce que les produits que nous proposons ou fabriquons sont faits pour durer ? D’où proviennent les matières premières utilisées ? Les produits sont-ils fabriqués dans de bonnes conditions ? Est-ce que les travailleurs sont correctement rémunérés ? 

La livraison: 
Utilisons-nous des emballages recyclés et recyclables ? Comment pouvons-nous diminuer le nombre de produits retournés ? 

La fin de vie du produit:
Qu’advient-il des produits une fois consommés ? Comment encourager les acheteurs à ré-utiliser, revendre ou recycler un produit qu’ils n’utilisent plus ? 

Le site web:
Est-ce que notre site web respecte les bonnes pratiques d’éco-conception ? Est-ce que les parcours sont fluides et transparents ? Peut-on optimiser les images présentes sur le site ? Quelles sont les pages les plus visitées ? Peut-on les optimiser pour en diminuer le poids et ainsi diminuer leur impact carbone ?

La communication:
Quelles promotions sont justes ? Est-ce qu’encourager la surconsommation en participant à des mouvements de type Black Friday est aligné avec les valeurs d’écologie que nous défendons ? Comment inciter nos consommateurs à adopter des comportements d’achat plus vertueux ? Comment pouvons-nous inspirer d’autres marques pour tendre vers un e-commerce plus vert ?

Les locaux de l’entreprise:
Nos entrepôts et nos locaux sont-ils alimentés par de l’énergie verte ? Comment pouvons-nous réduire les déchets liés à nos activités ? Par exemple, notre consommation de papier et d’encre, de matériel électronique, etc…

La compensation carbone:
Une fois que nous avons optimisé tous les maillons de la chaîne, comment pouvons-nous compenser les émissions de carbone restantes générées par notre activité ?

Concevoir un site qui favorise les comportements d’achat vertueux

L’augmentation des achats en ligne, résultante de sa facilité, a entraîné une lourde charge sur l’environnement (je vous renvoie à l’article sur le paradoxe de Jevons). Heureusement, un nombre de plus en plus important de designers, développeurs et marketeurs commencent à appliquer les pratiques d’éco-conception (si vous débutez dans cette thématique et que le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à visiter cette page qui vous aidera à comprendre les fondamentaux de l’éco-conception web). 

Pour aller plus loin, pourquoi ne pas utiliser notre influence en tant que concepteur de site pour attirer l’attention des consommateurs sur les produits les moins polluants ? Quitte à faire un achat, autant choisir l’option la moins polluante.

Même si on ne le dira jamais assez mais le produit qui pollue le moins est celui que l’on n’achète pas !

Impliquer les consommateurs dans votre démarche:
Des marques comme Aglaia & Co par exemple propose à ses acheteurs de choisir l’association pour laquelle la marque reversera une partie de la vente. Cela permet de générer une affection et une fidélité à la marque plus importante. 

Des emballages et un transport plus écologique:
Lors du paiement, encourager les choix moins polluants en détaillant les émissions carbone de chaque moyen de livraison est une astuce simple pour inciter les acheteurs à consommer de manière plus responsable. Une autre idée peut être de proposer une réduction ou un avantage si l’acheteur choisit l’option la plus écologique.

Faciliter le choix des produits ayant le plus faible impact écologique:
Lors du tri des produits sur la liste de résultats, proposer un tri par impact environnemental par exemple et ajouter un signe distinctif sur les produits écologiques pour qu’ils soient facilement repérables. 

Optimiser les pages à imprimer:
Même si c’est de moins en moins le cas, certaines personnes ont toujours l’habitude d’imprimer certaines informations comme les confirmations de commande par exemple. Une astuce toute simple consiste à bien travailler la mise en page de ces informations pour qu’elles consomment le moins d’encre possible lors de l’impression.

Mettre en avant les produits les plus durables:
Intégrer un score écologique pour chaque produit et les rendre plus visibles que les autres par exemple en décidant d’afficher sur la page d’accueil uniquement des produits ayant un bon score écologique.

Proposer des alternatives:
Lorsque le visiteur est sur la page d’un produit “non-écologique” et qu’une alternative moins polluante existe, proposer cette alternative en expliquant pourquoi.

Limiter les retours de produits:
Sensibiliser l’acheteur à l’impact écologique d’un retour. Par exemple, si un produit est commandé dans plusieurs tailles, afficher un message à l’utilisateur pour le sensibiliser:

Démocratiser l’éco-conception web auprès des équipes

Même dans les métiers du numérique, encore peu de gens ont pris conscience de l’impact environnemental du digital (qui émet autant de CO2 que le secteur de l’aviation). La montée en puissance du télétravail suite à la pandémie de COVID-19 a généré une hausse du trafic en ligne de 15 à 20% et la présence en ligne est devenue incontournable pour le commerce.

Il est urgent d’agir en démocratisant les bonnes pratiques d’éco-conception web auprès de tous les métiers impliqués. La thématique est encore jeune et se fraye lentement un chemin dans le débat public. Charge à nous d’accélérer la prise de conscience et l’action en mettant le débat au cœur de nos entreprises. Charge à nous d’aider nos collègues à comprendre pourquoi c’est important, comment d’autres entreprises ont abordé ce problème, où en sommes-nous maintenant et trouvons ensemble les bonnes solutions pour avancer dans cette direction.

Une des pistes évoquées dans l’ebook est de voir notre planète comme une partie prenante de la construction de notre site, au même titre que les autres équipes. Cela permet d’aligner tout le monde sur un objectif commun consistant à réduire le poids du site e-commerce afin d’en réduire, par voie de conséquence, les émissions carbone. 

Utiliser des KPIs environnementaux est un bon moyen de fédérer les équipes autour de cet objectif et faciliter la priorisation des projets impactants. Par exemple, si votre entreprise alloue un budget pour compenser ses émissions carbone, un KPI pourrait être de réduire ce budget. Et si un développeur suggère de re-coder une partie du site qui permettrait d’alléger de manière importante plusieurs pages, avoir ce KPI en tête peut aider à prioriser ce type de sujet (qui souvent ont du mal à passer puisqu’ils sont “transparents” pour l’utilisateur).

Partager le chemin vers le développement durable

De plus en plus d’acheteurs veulent des alternatives moins polluantes et en font un critère de choix (les ventes de produits dits “écologiques” ont augmenté 5,6 fois plus rapidement que les ventes des autres produits). Raconter notre histoire et partager nos convictions peut faire une réelle différence dans l’attachement et la fidélité des acheteurs à notre marque (et, in fine, notre chiffre d’affaires).

Par ailleurs, plus les marques mettront en avant leurs engagements écologiques et leurs actions, plus les consommateurs seront nombreux à en faire un critère de choix, encourageant ainsi les marques “à la traîne” à agir. Il s’agit ici de raconter le chemin entrepris pour réduire notre empreinte carbone en mettant en avant nos actions concrètes, sans pour autant nier nos faiblesses et le chemin qu’il reste à parcourir.

Nous travaillons dur pour faire une différence positive dans le monde, alors soyons-en fier et partageons-le !

Vous pouvez contribuer à créer un web plus respectueux de la planète en partageant cet article pour éveiller les consciences :)
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1 commentaire

  1. Bonjour,
    La problématique posée est claire, et les conseils donnés donnent envie. On a tout à gagner à devenir créatif au sein même de la démarche écologique. C’est un marché ? Tant mieux. Saisissons-nous de lui, et réinventons les standards. Merci beaucoup pour ce contenu.

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