Comment la course à la création de contenu malmène la planète ?

L’autre soir, je discutais avec un ami sur le sujet de l’économie du contenu. Comment Internet et les réseaux sociaux ont permis à plein de gens de se créer une vie sur-mesure, en faisant ce qu’ils aiment. Ça fait rêver de se dire qu’on peut travailler de n’importe où, faire ce qu’on veut de nos journées et gagner assez d’argent pour maintenir ce style de vie.

Mais le “mais” est bel bien là. Si le contenu publié n’est pas regardé, il n’y a pas d’argent qui rentre. Et il faut beaucoup beaucoup de vues pour que ce métier devienne rentable.

De plus en plus de YouTubers dénoncent le revers de la médaille. Derrière cette vie de rêve se cache en fait une course à la création de contenu. Les algorithmes de YouTube et consorts imposent un rythme de publication hyper soutenu pour pouvoir rester visibles et “faire des vues”.

Comment la course à la création de contenu malmène la planète ?

Outre le fait que devoir publier au moins une fois par semaine pour réussir engendre bien souvent une baisse de qualité dans le contenu proposé, ce fonctionnement pose un réel problème pour la planète.

Moi la première, lorsque je découvre un créateur de contenu qui m’intéresse, je m’abonne à son contenu et j’ai tendance à regarder toutes ses vidéos. Parce que j’aime la personnalité du créateur et que le contenu est soit intéressant, soit divertissant. Mais une partie du contenu que je consomme ne m’est pas “utile” en soit. 

Je ne veux pas tomber dans la course à la productivité et je ne suis pas en train de dire que le divertissement pur est une mauvaise chose. Juste que l’excès est une mauvaise chose et d’autant plus si ces excès ont un impact négatif sur notre planète.

Mais revenons-en à ma réflexion.

Donc on s’abonne et on regarde dès qu’une nouvelle vidéo est mise en ligne. Parfois même, on attend ce moment avec impatience.

Sauf que regarder des vidéos en streaming (coucou YouTube, coucou Netflix 👋) est probablement la pire chose qu’on peut faire sur le web lorsqu’on fait attention à son empreinte écologique… 

Parce que la qualité des formats ne cesse de s’améliorer (1080p, 4K…) et parce que le stockage de ces données lourdes nécessite de nombreux serveurs, eux même très gourmands en eau et en électricité.

Selon The Shift Project, les vidéos en ligne représentent 60% des usages du numérique. C’est énorme ! Pour donner un ordre d’idée sur l’impact environnemental, en 2018, le visionnage des vidéos en ligne a généré autant de gaz à effet de serre que l’Espagne (soit 1% des émissions mondiales).

Sauf que le pouvoir d’addiction est bien réel. Nos créateurs de contenu favoris publient et on regarde. Sans penser. Sans réfléchir aux impacts. Juste par habitude.

Et plus ils publient, plus on regarde. Et plus on regarde, plus la planète souffre.

Comment agir ?

Sans vouloir être pessimiste, je ne pense pas que les algorithmes évoluent dans le bon sens. C’est donc à nous de changer nos comportements vis-à-vis des contenus que nous consommons. Voici quelques idées que nous pouvons tous mettre en place à titre individuel.

Soutenir les créateurs de contenu différemment

De plus en plus de créateurs de contenu se tournent vers des plateformes comme Patreon leur permettant d’être rémunérés pour la publication de leur contenu ce qui a l’avantage de les rendre moins dépendants de YouTube en termes de rémunération. Et par ricochet, leur permettre de casser cette relation toxique avec les algorithmes en publiant moins souvent mais de manière plus authentique.

Moins de vidéos publiées = moins de stockage et moins de vues = moins pire pour la planète !

Soutenir les créateurs sur des plateformes type Patreon peut donc être une première piste.

Mais YouTube reste un incontournable pour se faire connaître et motiver des internautes à payer un abonnement sur Patreon pour suivre le dit créateur…

Choisir quoi regarder 

Ne pas vouloir tout regarder, ne pas vouloir ne rien louper. 

Essayer de consommer en conscience chaque vidéo. Les plus yogi d’entre vous connaissent déjà le principe de ralentir et de faire chaque chose en pleine conscience 🧘‍♀️

Réduire la résolution des vidéos que l’on regarde

Et si nous remplacions la HD par la ED ? Mais siiii, la Earth Definition !

La plupart des plateformes lisent automatiquement les vidéos en 1080p (HD). Si vous regardez YouTube sur votre smartphone dont l’écran est plus petit, une résolution en 480p devrait être suffisante. L’objectif de l’initiative Earth Definition est simplement de mettre un nom “parlant” sur la résolution la plus adaptée aux mobiles et de démocratiser cette bonne pratique.

D’ailleurs, si vous êtes créateur de contenu, n’hésitez pas à proposer à vos abonnés de changer ce paramètre lorsqu’ils visionnent vos vidéos 🙂

Voilà ma réflexion de ces derniers jours. Je n’ai malheureusement pas la solution miracle, juste quelques petites idées que je vous invite à compléter en commentaires. Avec l’espoir peut-être que plus on sera nombreux à prendre conscience de l’impact de nos usages, plus on sera nombreux à faire un peu plus attention et quand bien même ce sera une goutte d’eau dans un océan, c’est toujours un petit pas en plus en faveur de la planète 🌎

Vous pouvez contribuer à créer un web plus respectueux de la planète en partageant cet article pour éveiller les consciences :)
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