Eco-concevoir un site WordPress: est-ce possible ?

Un Content Management System (CMS) est une plateforme permettant de créer un site web simplement, sans avoir besoin de savoir coder. Le CMS le plus populaire est WordPress et ce, depuis de nombreuses années.

Avec 65% des parts de marché, WordPress est loin devant ses concurrents que sont Shopify, Joomla, Squarespace ou WIX par exemple. Et on le comprend facilement puisqu’avec ses milliers de thèmes et d’extensions, tout le monde peut facilement trouver son bonheur chez WordPress, d’autant plus que la version gratuite est déjà bien fournie.

Et WordPress a tellement bien réussi son produit que la part des sites web construits sous WordPress est aujourd’hui de 41%. Je m’en suis moi-même rendu compte après avoir reçu plusieurs questions sur l’impact environnemental des sites WordPress. J’ai donc décidé de creuser le sujet pour essayer d’identifier si l’utilisation d’un CMS tel que WordPress était contraire à une volonté d’éco-conception et quelles étaient les actions que nous pouvions mettre en place pour éco-concevoir un site sous WordPress.

WordPress et éco-conception: un mariage impossible ? 

Au fil de mes recherches en éco-conception, j’ai souvent vu que l’utilisation d’un CMS ne faisait pas vraiment partie de la liste des bonnes pratiques d’éco-conception web. La raison est simple: un CMS permet à n’importe qui de créer un site web sans avoir besoin de coder grâce à l’installation de thèmes et d’extensions qui ont été codés par d’autres. Pour satisfaire un maximum d’utilisateurs, les développeurs qui créent les thèmes et extensions doivent intégrer de nombreuses options de personnalisation ce qui alourdit automatiquement les fichiers du site.

Prenons un exemple simple: disons que je veux ajouter un formulaire de contact sur mon site. 

  • Si mon site est développé spécifiquement pour moi par un développeur ou une agence web, je vais pouvoir préciser sur quelles pages je souhaite afficher ce formulaire de contact et quelle forme je veux qu’il prenne. Le développeur chargera le formulaire uniquement sur la page demandée.
  • Si en revanche j’utilise un CMS pour mon site, je vais télécharger une extension me permettant d’installer un formulaire de contact et paramétrer ensuite l’extension pour que mon formulaire ne soit visible que sur une certaine page. Mais pour autant, l’extension sera chargée sur toutes les pages car le développeur de cette extension ne peut pas savoir où je souhaite l’utiliser. Donc l’éco-conception est d’ores et déjà compromise.

Sauf que sans CMS, nous serions très peu nombreux à pouvoir donner vie à nos projets de manière aussi simple. Mais comment faire pour minimiser l’empreinte carbone d’un site WordPress?

Comment réduire l’empreinte carbone d’un site WordPress ?

Voici quelques pistes faciles à mettre en place pour améliorer la note écologique d’un site WordPress.

1. Choisir un thème léger

La plupart des thèmes WordPress permettent une personnalisation très poussée ce qui signifie beaucoup beaucoup de lignes de code dont le revers de la médaille est l’alourdissement considérablement du thème.

Le thème SustyWP revient régulièrement dans les bons élèves avec son poids ultra-léger (6KB). J’ai également entendu parler des thèmes Astra, Neptune ou GeneratePress.

Personnellement, j’ai choisi le thème par défaut WP 2021 car il était déjà chargé dans l’éditeur WP, sa sobriété m’a plu et il obtient le score maximal (AAA) selon les règles d’accessibilité du web (WCAG).

Si vous connaissez d’autres thèmes WP écoconçus, n’hésitez pas à poster un commentaire, je reçois de nombreuses demandes à ce sujet et envisage de faire un article dédié.

2. Choisir une couleur de fond “basse consommation”

La personnalisation des thèmes WordPress engendre des fichiers plus lourds. Malheureusement, on ne peut pas y faire grand chose donc autant tirer parti de ces fonctionnalités pour choisir une couleur de fond plus écologique. Toutes les couleurs ne se valent pas et certaines sont plus gourmandes que d’autres en consommation énergétique alors autant bien choisir !

Je vous renvoie à mon article: quelles couleurs choisir pour minimiser l’empreinte carbone d’un site web pour en savoir plus.

3. Limiter le nombre d’extensions

Vous vous souvenez de l’approche Marie Kondo ? Je la cite encore une fois car il s’agit pour moi du cœur de l’éco-conception. Si on parvient à adopter l’état d’esprit minimaliste dans tous nos choix, l’éco-conception deviendra un jeu d’enfant ! Vous avez sûrement déjà entendu ce genre de crédo:

La meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas.
Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas.

Les extensions ne dérogent pas à la règle. Un site éco-conçu est léger, par conséquent, moins on installe d’extensions, moins le site sera lourd et plus faible sera le volume d’émissions carbone qu’il génère.

4. Choisir les bonnes extensions

Et justement ! Si nous devons limiter le nombre d’extensions à utiliser, autant choisir celles qui peuvent nous aider à réduire l’empreinte carbone de nos sites. WordPress a cet avantage d’avoir une communauté de développeurs très active créant des milliers d’extensions. Certaines permettent d’optimiser les performances du site et donc, par la même occasion, son empreinte carbone. 

En voici trois qui paraissent être une bonne base pour commencer:

  • WPOptimize: plugin de cache qui permet de sauvegarder certaines informations sur le terminal du visiteur pour que lors de sa prochaine visite, il n’y ait pas besoin de faire un nouvel appel au serveur pour recharger ces mêmes éléments
  • Asset CleanUp: pour la réduction automatique du code lorsque c’est nécessaire 
  • Imagify: pour optimiser automatiquement les images 

Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à participer en commentaires, je mettrais à jour cette liste en fonction de vos retours. L’idée ici est de proposer un minimum d’extensions mais qui feront une vraie différence sur le poids du site.

5. Supprimer les thèmes et extensions non utilisés

Lorsqu’on démarre sur WordPress, certains thèmes et extensions sont déjà installés par défaut. Une fois le choix du thème et des extensions indispensables fait, il suffit de supprimer tous les autres.

6. Limiter l’utilisation d’images ou de vidéos

Ce principe n’est pas spécifique à WordPress mais à tous les sites de manière générale. Ceci dit, WordPress étant très largement utilisé dans la blogosphère, il me paraît important d’évoquer à nouveau ce point ici. En effet, la règle veut que chaque article de blog soit illustré par une image. Mais sachez que ce n’est absolument pas obligatoire ! 

J’ai pris le parti ici d’utiliser très peu d’images. Comme beaucoup, j’aime bien avoir une image de temps en temps pour égayer un peu ma page mais je m’efforce de n’en utiliser uniquement si je le juge nécessaire pour la compréhension de mon sujet. 

Ressources qui m’ont aidée à rédiger cet article: l’article d’Alex, développeur web.

Vous pouvez contribuer à créer un web plus respectueux de la planète en partageant cet article pour éveiller les consciences :)
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