L’empreinte carbone des applications mobiles

Avec plus de smartphones actifs dans le monde que d’êtres humains, le mobile est devenu une extension de nous-mêmes, comme un nouvel organe dont nous ne pourrions plus nous passer. On les appelle d’ailleurs nos smartphones – téléphones intelligents – comme de nouveaux cerveaux qui viendraient compléter nos cerveaux organiques. Aujourd’hui, la moitié du temps passé sur le web se fait sur le mobile et quasiment 90% du temps passé à consommer Internet avec nos smartphones se fait en utilisant des applications (eMarketer).

Il y a aujourd’hui près de 6 millions d’apps sur les Stores (avec Google Play Store, Apple App Store qui se partagent 80% du marché). Il existe une application pour tout. Apple en avait d’ailleurs fait un slogan – “There is an app for that” – dans les années 2010. 

Comment utilisons-nous les applications ?

Les applications fantômes

Il y a donc des applications pour tout et n’importe quoi, sauf qu’il y a tellement de choix que pour ¼ des applications que nous téléchargeons, nous ne les utilisons qu’une seule fois (Statista).

Selon Android, nous sommes 95% à ne plus utiliser une application 3 mois après son installation. Nous sommes ainsi nombreux à garder un certain nombre d’applications juste au cas où, pour le jour où nous en aurons besoin.

J’ai voulu faire le test en analysant mon usage des apps qui se trouvaient dans mon téléphone et j’avoue avoir été choquée par mes découvertes:

  • 139 applications sur mon téléphone !
  • 35 que j’utilise régulièrement (au moins une fois par mois), soit 25%
  • 30 que je n’utilise vraiment jamais (et qui sont cachées dans des dossiers), soit 22%
  • 12 applications à usage doublons (4 apps de météo, 3 calendriers, 3 apps de prise de notes et 2 de géolocalisation)

Toutes ces applications qui dorment consomment tout de même de l’énergie, notamment si les mises à jour automatiques sont activées.

Accros à la vidéo

Parmi toutes nos activités numériques (envoyer un email, faire une requête sur un moteur de recherche, poster une photo sur les réseaux sociaux, regarder une vidéo, répondre à un message…), la vidéo est celle qui consomme le plus. Le boom des vidéos à la demande (ou streaming video) a commencé avec YouTube et se poursuit avec Netflix pour ne citer qu’eux.

En 2020, 80% du transfert de données sur mobile est généré par le visionnage de vidéos.

Mobile Data Traffic

Nos applications mobiles sont-elles écolos ?

Si l’on fait le calcul d’après les statistiques que nous connaissons désormais, il s’avèrent que 45% du temps passé sur le web se fait sur des applications mobiles. J’ai donc eu envie de creuser davantage de ce côté-là. 

Quelles sources d’énergie pour nos apps ?

Greenpeace a fait une étude en 2017 intitulée Click Clean. Ce projet a pour but de mesurer la propreté des applications des géants du Net qui concentrent la majorité du trafic. Les applications les plus populaires sont passées au crible et un “score carbone” de A à F, du vert au rouge – comme pour l’électroménager – leur est attribué.

L’analyse se base uniquement sur le type d’énergie utilisée (charbon, nucléaire, gaz naturel, renouvelable…). La bonne nouvelle c’est que les grands acteurs tels que les Google, Facebook ou Apple, qui sont parmi les premiers à s’être engagés dans l’objectif de fonctionner avec 100% d’énergies renouvelables, ont été rejoints par de nombreux autres acteurs.

Nos apps sont-elles éco-conçues ?

Le score carbone mis en place par Greenpeace est un premier indicateur important à prendre en compte lorsqu’on essaie d’analyser l’empreinte environnementale d’une application. Mais l’idée n’est pas de se dire: “c’est bon, YouTube a le meilleur score, je peux continuer à regarder des vidéos sans dégrader la planète !”

Non. Non. Non.

Pour tout vous dire, il y avait une image du rapport Click Clean que je voulais utiliser pour illustrer la partie ci-dessus sauf qu’on voyait Facebook et YouTube avec un beau A sur fond vert (pour info, Netflix est en D) sauf qu’une image aussi parlante incite souvent à faire l’économie de la lecture et à tirer des conclusions un peu trop hâtives.

En effet, si l’on continue à consommer Internet comme nous le faisons, même si toutes les entreprises du web fonctionnaient à l’énergie renouvelable, nous polluerions quand même. Ines Leonarduzzi le dit très justement dans son livre “Réparer le futur: du numérique à l’écologie“: “si l’on augmente la production d’énergie, même renouvelable, pour répondre aux besoins croissants de nos sociétés du tout-numérique, il faudra, de fait, en multiplier les infrastructures (éoliennes, panneaux solaires, etc.). Or, les technologies photovoltaïques aussi bien qu’éoliennes nécessitent l’utilisation de terres rares – comme toute technologie électronique. […] Pour produire de l’énergie renouvelable donc, il est nécessaire d’utiliser des ressources non renouvelables. Autrement dit, pour faire du non polluant, il va falloir polluer.

Ce n’est donc pas parce que Facebook ou YouTube sont propres en termes de type d’énergie utilisée que nous ne devons rien changer à nos usages. Par ailleurs, le score du Click Clean ne prend pas en compte le poids de ces applications et la mise en place des pratiques d’éco-conception dans la construction des apps qui est un autre élément important pour réduire l’impact environnemental de nos activités numériques.

En conclusion, il y a des signes encourageants mais nos usages boulimiques du numérique restent problématiques. J’ai listé ici quelques pistes et actions concrètes pour réduire, tout un chacun, l’empreinte carbone que nous laissons derrière nous en utilisant le web.

Vous pouvez contribuer à créer un web plus respectueux de la planète en partageant cet article pour éveiller les consciences :)
  •  
  •  
  •  
Publié le
Catégorisé comme Comprendre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *