La simplification du produit: l’exemple d’Instagram et de Google

Mois après mois, année après année, nos roadmaps – la liste de choses à ajouter sur le produit – se remplissent de fonctionnalités hyper excitantes. Mais bizarrement, il est très rare de prendre le recul nécessaire pour identifier les fonctionnalités à supprimer (pour être honnête, je crois que ça ne m’est jamais arrivé en 5 ans de Product Management). On ajoute, on empile, on accumule et bien qu’on ait parfois conscience que certaines fonctionnalités n’ont pas le succès espéré, maintenant qu’elles sont développées et qu’on y a investi du temps, autant les laisser non ? Même si seulement 1% des utilisateurs s’en servent, c’est toujours ça.

Oui mais non.

En laissant des fonctionnalités peu ou pas utilisées, non seulement on augmente l’empreinte carbone de notre produit (plus de contenu = site plus lourd = site plus énergivore) mais on dégrade aussi l’expérience utilisateur.

C’est comme au restaurant, je ne sais pas vous mais pour ma part, plus le choix est large sur le menu, plus je vais mettre du temps à choisir, hésiter, être perdue (et finir par regretter le plat que j’ai pris parce qu’en fait l’autre avait l’air mieux maintenant que je le vois sur la table d’à côté…). J’exagère un peu mais je suis sûre que la situation vous est familière 🍝

Enlever les fonctionnalités peu utilisées

Il est donc important de faire un petit ménage de printemps de temps à autre. Pour alléger nos sites mais aussi pour que l’utilisateur ne se perde pas et tire le meilleur parti de notre produit. Encore une fois, on revient à l’approche Marie Kondo. Si vous me lisez depuis un moment, vous savez que je reviens souvent à cet article car c’est vraiment pour moi l’état d’esprit à adopter. 

Est-ce que j’en ai besoin ? Est-ce que c’est utile ? 
Si la réponse est “non”, on jette. 

Et si la réponse est “oui”, alors on fait en sorte de penser et de coder la fonctionnalité de la meilleure des manières pour réduire l’impact écologique de notre produit.

Voici une petite anecdote sur les débuts d’Instagram pour illustrer mon propos. Vous verrez que c’est précisément cette prise de recul suivie d’un grand ménage qui a permis à l’application de décoller et de devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

Les débuts d’Instagram

À ses débuts, Instagram – qui s’appelait à l’époque Burbn – était une application de partage de localisation qui embarquait tout un lot de fonctionnalités comme par exemple prévoir vos futures sorties, gagner des points lorsque vous sortiez avec des ami(e)s, poster des photos des rencontres…

Bien que le concept ait rapidement séduit des investisseurs, Burbn ne parvenait pas à séduire les utilisateurs. Il faut dire que la concurrence était déjà bien installée avec Foursquare dans le rôle de l’acteur principal qui était déjà largement utilisé sur le sol américain.

C’est à ce moment-là que Kevin Systrom et Mike Krieger, les créateurs de Burbn, ont décidé de pivoter en se concentrant sur le partage de photos. 

Comment en sont-ils arrivés à cette décision ?

En posant une question très simple à leurs utilisateurs: 
“Pourquoi utilisez-vous encore Burbn ?”

En comprenant que les utilisateurs n’utilisaient pas la fonctionnalité principale de l’application qui était le partage de leur localisation, Kevin et Mike ont décidé d’enlever toutes les fonctionnalités pour ne garder que le partage de photo qui était ce pourquoi leur app était toujours en vie.

C’est à partir de cette fonctionnalité “coeur” qu’ils ont travaillé. Ils en ont profité pour rebaptiser l’application Instagram et ont commencé par minimiser autant que possible le nombre de clic pour poster une photo.

L’histoire ne dit pas si l’approche minimaliste qu’ils ont eu en réduisant le parcours utilisateur avait une visée écologique mais comme pour la plupart des pratiques d’éco-conception web, les bénéfices des résultats ne servent pas uniquement l’écologie. Je vous invite à jeter un oeil aux 10 avantages de l’éco-conception web si vous voulez connaître les autres avantages de la conception de sites web durables.

Voici les sources qui m’ont aidé à écrire cette partie de l’article:

L’exemple de Google

Un autre exemple parlant est celui de Google. Sur la page d’accueil du moteur de recherche, on a uniquement le logo de Google et la barre de recherche. Comparez avec Yahoo, concurrent direct de Google. Sur la page d’accueil de Yahoo, on a tout un tas d’informations comme les actualités et la météo qui “polluent” la fonctionnalité principale de recherche.

Depuis que j’ai rédigé l’article sur comment réduire le poids des images sur le web, j’ai pris l’habitude de compresser toutes les images que je publie sur ce blog. Même après compression, la capture de la page d’accueil de Yahoo (qui est juste une image) est 36 fois plus lourde que celle de Google. Imaginez un peu le poids du site Yahoo comparé à celui de Google.

comparaison compression d'image Google vs Yahoo

Et le pire dans tout ça, c’est que Google détient 94% des requêtes mondiales… C’est l’exemple même pour montrer que la simplification peut être un réel avantage et pas uniquement pour l’écologie.

Vous l’aurez compris, la morale de cette histoire est simple: faisons le ménage régulièrement 🧹 Pour la planète. Pour nos utilisateurs. Pour la réussite de notre produit. Qui n’aime pas les produits lisibles, simples et efficaces ?

Connaissez-vous d’autres produits qui excèlent dans l’art de la simplification ?

Vous pouvez contribuer à créer un web plus respectueux de la planète en partageant cet article pour éveiller les consciences :)
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *